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Giuseppe ? Pas du tout ! Le nom de ce col ne doit rien au héros de l'unification italienne, même si l'histoire de Giuseppe Garibaldi n'est pas étrangère à l'Amérique Latine ; en effet, fuyant la répression contrerévolutionnaire, le leader italien débarque au Brésil en 1835, avant de se mettre au service de la toute jeune République Orientale de l'Uruguay, dont il conduira les armées et la flotte contre ses adversaires argentins ; il rentrera en Italie en 1848, et sa renommée est demeurée vivace en Uruguay jusqu'à nos jours.
Mais abandonnons ce Garibaldi-ci à ses aventures. Le Garibaldi qui nous intéresse se nomme en réalité Paka, et a vécu au XXème siècle. C'est un membre de la communauté selknam (ou onas), l'un des peuples aborigènes de la Terre de Feu. Enfant, il travaillait comme domestique auprès d'un jésuite italien et, selon les dires de Paka lui-même, on lui intimait souvent l'ordre de « gare balde e tráiga l' acqua », i.e. de prendre un saut et d'aller chercher de l'eau ; « gare balde » étant devenu Garibaldi, on baptisa bientôt l'enfant Luis Garibaldi Honte.
Plus tard, employé par la direction locale des équipements, Luis Garibaldi fut chargé de trouver un point des Andes Fuégiennes par lequel on pût enfin percer une route, afin de relier Río Grande à Ushuaia, en remplacement du long et périlleux détour maritime. Ayant repéré un endroit favorable durant l'été 1935/1936, il fut décidé d'y faire passer les derniers kilomètres de la . Et on baptisa le col du nom de son découvreur. |