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Le guanaco est une espèce presque endémique d'Argentine, qui recense 95% de la population mondiale ; le reste se répartit entre Chili, Chaco paraguayen et bolivien, et Pérou. De ce fait, si l'animal est une espèce menacée dans ces derniers pays (et fait l'objet d'une protection dans le cadre de Parcs Nationaux), il est en revanche une véritable plaie en Patagonie argentine, où il pullule littéralement ces dernières années (menaçant la sécurité routière sur la longue Ruta 3). En cause, les moutons des estancias (décidément coupables – involontaires – de graves crimes contre l'environnement !...) : leur arrivée en Patagonie à la fin du XIXème siècle a déréglé une chaîne alimentaire assez simple qui voulait que le puma chasse le guanaco.
Mais le puma a vite compris que le mouton était plus facile à attraper, et plus charnu ! Du coup, les guanacos ont pu respirer (et copuler) plus librement. Aujourd'hui, le phénomène s'est amplifié : avec la quasi extermination des pumas (pour cette même raison qu'ils décimaient les troupeaux de moutons), le guanaco est plus tranquille que jamais et se reproduit à la vitesse grand L (comme lapin) ; histoire d'enrichir votre vocabulaire, on observera que les manadas (hardes de guanacos) comptent de nombreux chulengos (petits du guanaco). Et comme parallèlement les moutons saccagent les fragiles sols de Patagonie (on parle de sobrepastoreo : surpâturage), les guanacos doivent écumer les bords de route pour y trouver encore un peu de bonne herbe.
Pour ceux qui ont du mal à s'y retrouver entre les différents camélidés sudaméricains (lama, guanaco, alpaca et vigogne), consultez nos indications sur la fiche consacrée au . |