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L'arche s'est vraisemblablement formée lors de la dernière glaciation. La source ferrugineuse avoisinante aurait tapissé par écoulement naturel la chape de glace qui comblait alors le goulet par lequel s'écoule de nos jours le Río de las Cuevas. Lorsque cette chape de glace a eu entièrement fondu, l'accumulation répétée des couches de minéraux à la surface, sur le trajet bien délimité de l'écoulement ferrugineux, constituait une couche épaisse de matière solidifiée, formant ni plus ni moins un pont de quelque 50m de long et 28m de large.
L'ouvrage naturel était apparemment fréquenté par les sujets de l'Inca, ce qui lui valu son nom de Pont de l'Inca (Puente del Inca). En 1817, lors de sa traversée des Andes, le franchit avec son armée pour pouvoir accéder au et atteindre le Chili.
Plus tard au cours de ce même XIXème siècle, la source ferrugineuse à l'origine du pont devint l'objet d'un engouement thermal de la part de la nouvelle bourgeoise argentine. En 1925, un complexe hôtelier fut construit à proximité des sources, avec des piscines privatives pour ses locataires. Une vraie petite bourgade naquit ainsi sur les rives du Río de las Cuevas, et le succès fut tel qu'on traça bientôt une ligne de chemin de fer, le Ferrocarril Transandino, avec force ponts et tunnels, pour desservir la station thermale. La voie fut prolongée jusqu'au Chili, à Santa Rosa de los Andes (aujourd'hui Los Andes), et cette ligne symbolique véhicula en son temps des personnalités telles que Perón et son Eva ou le Prince de Galles.
Tant de progrès grandiose accusa un sérieux coup de frein en 1965, lorsqu'une avalanche apocalyptique emporta d'un coup toute la station thermale ; seule la chapelle fut épargnée par la coulée dévastatrice. L'hôtel ne s'en remit jamais, et la ligne de chemin de fer déclina rapidement. Après de multiples interruptions dues à divers avalanches, et sous le coup de la concurrence grandissante de l'aviation civile, la ligne fut finalement abandonnée en 1984.
Le Pont de l'Inca, lui, est toujours d'aplomb et les touristes sont revenus (en car ou en auto), non plus pour les bains ferrugineux mais pour la simple beauté des lieux. Toutefois, l'accès au tablier n'est plus autorisé depuis 2006, car de petits éboulement y ont été observés. |