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Francisco Pascasio Moreno (1852-1919), plus connu comme le Perito Moreno (“l'expert Moreno”), a laissé son nom à plusieurs sites d'exception en Patagonie (sans compter un nombre incalculable de rues, et une autoroute portègne), que l'on confond parfois : le Glacier Perito Moreno ne se situe pas dans le Parc National Perito Moreno (ici présenté) mais dans le ; mentionnons également la petite ville de Perito Moreno (du côté du Lago Buenos Aires), le Lago Perito Moreno (à l'ouest de Bariloche) et le Cerro Perito Moreno (près d'El Bolsón, province de Río Negro).
La raison d'un tel hommage est due à l'immense labeur d'explorateur mené par le Perito Moreno en Patagonie et au-delà. Non content d'avoir reconnu plusieurs lacs, fleuves ou montagnes, il a contribué à l'étude des (Tehuelches, notamment) et à la reconnaissance nationale de leur droit à la terre. Mais sa mission la plus symbolique, et qui lui a valu son surnom de perito, est l'expertise que le gouvernement argentin lui a confiée pour établir la frontière andine avec le Chili.
En effet, la Patagonie demeurait un vaste territoire peu exploré, que les deux pays se disputaient. Le traité de 1881 auquel les “républiques sœurs” (mais ennemies) étaient parvenues stipulait que la frontière serait établie sur la ligne de partage des eaux entre les océans Pacifique et Atlantique. Le Perito Moreno œuvra donc au relevé précis de ce tracé, ainsi qu'à sa reconnaissance internationale (mission en Grande-Bretagne de 1896).
Pour cette raison, et en reconnaissance de l'ensemble de ses travaux d’anthropologue et de naturaliste, la nation lui a décerné de nombreux honneurs, ainsi que des terres d'une grande étendue au nord de la Patagonie, qu'il légua en plusieurs étapes à l’État pour créer le premier Parc National argentin : le . |

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L'accès au parc national s’effectue depuis la , à 230km au sud de la commune de Perito Moreno, ou à 125km au nord de Gobernador Gregores. Entre ces deux petites villes, il n'y a pas d'autre localité que Bajo Caracoles, un hameau qui dispose d'un motel et d'un garagiste, et parfois de quelques litres d'essence.
Depuis la Ruta 40, comptez encore 80km de piste (RP37) pour atteindre l'entrée du Parc National. C'est un parc assez reculé, donc, sans infrastructure particulière. L'intérêt principal consiste à monter en haut du Cerro León, une randonnée d'une ou deux heures, assez raide mais sans difficulté aucune ; au sommet, le panorama est absolument splendide, et c'est la seule façon de bien voir le Lac Belgrano et la péninsule qui en occupe le centre. |

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L'estancia Sierra Andía susnommée a par ailleurs construit, sur la piste qui mène au Parc National, non loin de l'embranchement avec la Ruta 40, un Parador : bien plus chaleureux et soigné qu'un routier ordinaire, c'est un endroit parfait pour se ravitailler (l'estomac ou le réservoir). En 2010, il était tenu par un couple de Portègnes repentis, extrêmement sympathiques, qui cuisinaient un délicieux ragoût local de ! |