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Loin de nous l'idée de décourager le patient voyageur d'aller explorer la dont la réputation n'a d'égale que la magie réelle. Cependant, pour ceux que rebuterait la longue traversée de la Péninsule broussailleuse et ventée, plutôt morne et hypnotique, et qui seraient d'avance déçus de ne pouvoir approcher les colonies de pinnipèdes au plus près, cantonnés au rebord altier des falaises austères, ou qui trouveraient que Puerto Pirámide est un peu trop fréquenté et manque de cachet – en somme pour les voyageurs exigeants (et au budget peu scrupuleux), voici une alternative particulièrement attrayante.
En effet, comme sur la Péninsule Valdés, de vastes propriétés ganaderas (élevage ovin en l'occurrence) se partagent le plateau désolé ; si plusieurs réserves naturelles publiques ont été aménagées en certains points du littoral, pour que tout un chacun puisse accéder aux colonies animalières, certaines toutefois prennent un malin (et pas si surprenant) plaisir à fréquenter les portions du littoral dont l'accès demeure privatisé, donc moins fréquenté. C'est le cas notamment des puntas Ninfas et León.
Ces deux caps se situent à l'extrémité méridionale du détroit par lequel le Golfo Nuevo (golfe qui borde au sud la Péninsule Valdés) communique avec l'Océan. Depuis El Pedral, immense plage de galets qui jouxte le cap, on peut donc observer des à la saison adéquate (juin-octobre). Les colonies de , d' (à Punta León ; toute l'année) et de (à Punta Ninfas ; de septembre à avril) sont par ailleurs exceptionnelles, et on peut s'en approcher d'autant plus que, pour les raisons précédemment exposées, il y a très peu de visiteurs. L'endroit est donc très privilégié ; et de fait l'accès en est restreint. |

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Punta Ninfas et Punta León sont situées à 70km au sud-est de Puerto Madryn, au terme de la fastidieuse RP5. Nous ne donnons ces informations qu'à titre indicatif, car vous ne devez sous aucun prétexte vous lancer seuls à l'assaut de cette piste chaotique ; vous trouveriez, au terme d'une grosse heure de pénibles secousses, porte close, car les estancias qui sont propriétaires des terres côtières ne reçoivent que sur réservation. On peut organiser votre transfert directement depuis les aéroports ou les gares routières de Puerto Madryn et de Trelew. |

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Si les terres côtières se partagent entre plusieurs estancias, l'une d'elles s'est érigée en référent touristique : El Pedral – du nom de la plage de galets au bord de laquelle elle se trouve, et où transitent les manchots. Il s'agit d'un ancien casco, corps de “ferme” à la mode patagonne, sobrement cossu, avec toiture en zinc rouge, clocheton, sols carrelés, photos d'époque, etc. Il inclut une salle à manger joliment meublée à l'ancienne, et un grand salon très confortable et lumineux. Les chambres, spacieuses et très agréables, sont distribuées autour de la cour, dans les anciens communs réaménagés. Sans oublier la piscine et le quincho pour d'excellents banquets – il faut y goûter l'agneau grillé préparé avec maestria ! Un cadre traditionnel et particulièrement accueillant, à l'image de ses hôtes.
Le prix d'un séjour n'est évidemment pas celui d'une auberge de jeunesse, mais il faut reconnaître que, d'une part, les tarifs sont très honnêtes étant donnée la prestation impeccable, et que d'autre part cela inclut la proximité des colonies animalières, auxquelles vous pourrez accéder à pied, en vélo ou à bord d'une antique estanciera, modèle de Jeep très gentleman-farmer typique des campagnes argentines d'antan. Il y a un guide sur place pour vous accompagner et vous expliquer un maximum de choses – nous avions eu affaire à Santiago, particulièrement qualifié. |