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Dans le patio attenant à la cathédrale se dresse une statue du Vénérable Frère Mamerto de la Ascención Esquiú, alias Fray Esquiú. Né en 1826 dans la Province de Catamarca, tôt entré dans les ordres, ce franciscain rigoriste se signale par ses qualités d'éducateur, et enseigne diverses matières religieuses à l'école conventuelle et au collège provincial.
Sa renommée nationale prend un essor inattendu lorsqu'il décide, à l'encontre de sa hiérarchie, d'appeler les législateurs catamarqueños à voter en faveur de la , fraichement rédigée à la chute de Rosas. Son contenu est jugé trop libéral par les autorités religieuses, mais Fray Esquiú voit dans cette constitution le moyen d'en finir une bonne fois pour toutes avec la guerre civile qui désole l'Argentine depuis l'aube de son indépendance (1810). Le “Sermon de la Constitution” qu'il prononce alors à San Fernando de Catamarca emporte l'adhésion de l'audience, et se propage aussitôt dans tout le pays, convaincant pareillement tous ceux, nombreux, qui n'osaient enfreindre le veto édicté par l'Église. La Constitution est adoptée, et Fray Esquiú y gagne le respect des nouvelles autorités fédérales, reconnaissantes, et du peuple argentin, subjugué.
Néanmoins affilié au Parti Fédéral, le franciscain publie de nombreuses tribunes hostiles aux gouvernements libéraux, dans le journal provincial qu'il a fondé. Il opte bientôt pour un prudent exil qui le conduira en Bolivie, au Pérou, en Équateur, à Rome et en Terre Sainte.
Ayant décliné l'archevêché de Buenos Aires que le libéral président Sarmiento lui offrait en guise de conciliation et de reconnaissance, il n'en rentre pas moins en Argentine en 1878. Cette même année, son ami le président Avellaneda (non moins libéral), lui propose alors l'évêché de Córdoba – sur les instances papales mêmes, Fray Esquiú finit par accepter. Il remplira la charge avec sa dignité et sa rigueur coutumières, jusqu'à sa mort survenue en 1883.
Il est en cours de béatification. |