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La mention du toponyme “Falklands” sur un site consacré à l'Argentine pourra surprendre les partisans d'une certaine vision de l'Histoire... Cependant, nous avons déjà longuement développé cette dernière sur notre fiche , et nous nous attacherons donc ici à aborder un tout autre angle d'approche, celui des insulaires et de la Nature. Nous nous autoriserons de temps à autres l'usage du terme français Malouines, historiquement le plus ancien, sans que cela ne trahisse aucun irrédentisme particulier.
Toponymie et étymologie
Une petite question d'orthographe pour commencer : y a-t-il un “s” à Falkland(s) ? Pas si l'on considère le nom officiel de l'archipel, “the Falkland Islands”, les Îles Falkland, du nom d'un Trésorier de la Marine britannique, l'écossais Anthony Cary, Fifth Viscount of Falkland, qui finança une expédition aux îles au cours du XVIIème siècle. Mais lorsqu'on évoque l'archipel en abrégé, on peut alors parler des “Falklands”. Ses habitants se reconnaissent officiellement comme Falklanders, mais ne dédaignent pas le terme de Kelpers (“collecteurs de varech”, une algue abondante sur le littoral malouin) qui leur a jadis été affublé.
La population des Falklands
N'est pas Falklander (ou Kelper) qui veut ! Le gentilé est réservé aux descendants des premiers colons (majoritairement débarqués au XIXème siècle), ou aux ressortissants des Îles Britanniques fraîchement installés mais ayant épousé des Falklanders de souche ancienne. Notez que les “premiers colons” n'étaient pas forcément tous britanniques : on dénombre plusieurs Scandinaves ou Allemands, entre autres populations européennes, et même quelques gauchos vaguement argentins, qui ont tous en commun d'avoir prêté serment à la Couronne Britannique à partir des années 1840. En revanche, les immigrés récents n'ont pas le statut de résidents permanents et encore moins le droit de se prétendre Falklanders – une restriction très jalousée par les Kelpers.
Qui sont ces immigrés récents, et quel est donc leur statut ? Il y a trois courants principaux d'immigration : depuis le Chili, depuis l'île de Sainte-Hélène et, plus récemment, depuis les Philippines. Tous sont des travailleurs temporaires, recrutés dans les emplois de service et la main-d’œuvre ; les Chiliens sont généralement des saisonniers qui regagnent le Chili en hiver, tandis que les Saint-Helenians et les Philippins (presque exclusivement des Philippines) restent plus longtemps.
Le cas des Saint-Helenians est particulièrement intéressant : l'île de Sainte-Hélène, ultime demeure de Napoléon, est située à quelque 6000km au nord-est des Falklands. Elle est minuscule et surpeuplée, aussi ses ressortissants, population largement métisse d'origine afro-indo-malaise, émigrent-ils en masse. Mais, bien que citoyens aux-aussi d'un Territoire Britannique d'Outremer, ils nécessitent un permis de travail pour venir aux Malouines – et les Kelpers ont une tendance bien ancrée à les considérer avec un rien de dédain...
On l'aura compris, le Kelper est jaloux de son statut, de son territoire, de son identité. Et de son autonomie.
Situation politique de l'archipel
On ne reviendra pas sur le long contentieux historique qui oppose les Falklands (et leur métropole britannique) à l'Argentine (contentieux développé sur la fiche Malvinas déjà mentionnée). Pour les Falklanders, il n'y a pas l'ombre d'un doute : l'Argentine a des prétentions territoriales absurdes et illégales, c'est un voisin fautif et honni – sinon véritablement dangereux : l'état de délabrement des forces militaires argentines, plus sûrement que les déclarations pacifiques, constituent une certaine garantie de sécurité pour l'archipel. Le danger en revanche viendrait plutôt de... Londres.
En effet, avant le déclenchement de la Guerre des Malouines en 1982, les gouvernements anglais et argentin avaient amorcé des négociations, et évalué les conditions d'un partage éventuel de souveraineté. Il avait fallu que les Falklanders manifestent en nombre contre leur propre gouvernement métropolitain pour que leur autonomie et leur statut de Territoire Britannique ne soient pas remis en question. Après la guerre, l'heure n'était évidemment plus aux accords bilatéraux ; et en 2013, un référendum, organisé par le Prime Minister David Cameron comme un pied de nez à Cristina Kirchner, a consacré à plus de 99% l'attachement des Falklanders à la Grande-Bretagne.
Mais depuis 2016 les nouvelles négociations entamées par le gouvernement de Mauricio Macri font craindre aux Kelpers un arrangement funeste ; ils savent bien que l'entretien de la base militaire de Mount Pleasant, à l'ouest de Stanley, bien que stratégiquement essentiel à la domination anglaise dans les mers australes, est un poids considérable pour le budget métropolitain, surtout à l'heure du Brexit... Les accords universitaires et économiques que M. Macri fait miroiter aux yeux de Londres auront-ils raison de la haine viscérale des Falklanders à l'encontre de l'Argentine ? Les insulaires ne veulent pas entendre parler de ce qu'ils considèrent comme une entourloupe, et font pression sur Londres pour rejeter tout rapprochement...
Visiter les Falklands
Pour optimiser son séjour, mieux vaut tenir compte de deux paramètres importants. D'abord, la météo : autant préciser d'emblée que l'hiver y est très vigoureux (et l'ensoleillement bref) ; l'été, en revanche, est la période la plus adéquate, de décembre à mars (long ensoleillement) ; les températures toutefois ne dépasseront que rarement les 12 degrés en journée – et bien moins à l'aurore ou au crépuscule, moments privilégiés d'observation des oiseaux...
Ensuite, justement, la faune : l'un des intérêts (sinon le principal) des Malouines concerne l'observation des oiseaux (albatros, pétrels, manchots divers, etc.) et des mammifères marins (lions et éléphants de mer) – ces animaux abordent aux îles à des périodes précises de l'année, et leurs activités varient au fil des mois : nidification, ponte, naissances, chasse... Il est donc important de tenir compte de ces multiples calendriers – nous les développons sur la fiche de chacun des animaux concernés (voir icônes ci-dessous).
Ceci étant dit, la période optimale pour visiter les Falklands est certainement décembre-février.
Une fois sur place, que visiter et comment ? On peut se cantonner aux alentours de Stanley, la capitale : la grande île d'East Falkland où elle se trouve offre déjà plusieurs spots intéressants, que l'on atteindra par la route (location de véhicule possible à Stanley ; taxis 4x4 ; service de transfert vers les différents cottages touristiques). Cependant, il serait dommage de ne pas visiter une ou plusieurs des autres innombrables îles de l'archipel, qui en compte plus de 700 ! Pour ce faire, vous devrez recourir aux services de FIGAS (la Falkland Islands Government Air Service), compagnie de transport aérien dont les petits Britten-Norman Islander effectuent des vols de cabotage d'îlot en îlot – les horaires sont sujet à caution, les tarifs subventionnés mais tout de même élevés. Plus d'infos sur notre fiche .
Pour ce qui est du logement, ainsi que des sites privilégiés d'observation des animaux, reportez-vous à chacune des fiches de la rubrique “Ce qui se visite” ci-après ; nous y développons nos propres expériences. |